Mariage d’un homme sous OQTF : le maire qui s’y oppose choisit de démissionner. La préfecture refuse sa démission.
Au cœur de cette affaire se trouve une contradiction que de nombreux maires dénoncent depuis des années : comment demander aux élus locaux d’appliquer strictement la loi quand l’État lui-même peine à faire respecter ses propres décisions d’éloignement ? L’OQTF, censée garantir l’autorité de l’État en matière migratoire, apparaît ici vidée de sa substance, réduite à un simple document administratif sans effet réel.
La réaction du maire de Chessy n’est pas un acte isolé mais un signal d’alarme. En refusant d’obtempérer et en démissionnant, il a voulu dénoncer ce qu’il considère comme une incohérence profonde du système : exiger des élus locaux qu’ils assument les conséquences politiques et symboliques de décisions que l’État central n’est pas capable de faire appliquer lui-même.
Cette affaire dépasse largement le cadre d’un mariage et d’une commune. Elle relance un débat national sur l’autorité de l’État, le rôle des maires en tant qu’officiers d’état civil et les limites d’un droit déconnecté de son application concrète. Tant que les OQTF resteront massivement inexécutées, ce type de conflit est voué à se répéter, nourrissant défiance, incompréhension et colère au sein des territoires.
Joy Olivina
Journaliste pour Minute Scoop
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