Minute Scoop
Toutes Faits Divers Politique Sport Économie Technologie Culture Santé International Quiz
Faits Divers

Mariage d’un homme sous OQTF : le maire qui s’y oppose choisit de démissionner. La préfecture refuse sa démission.

19/12/2025 · Par Joy Olivina · 👁️ 118 vues
Mariage d’un homme sous OQTF : le maire qui s’y oppose choisit de démissionner. La préfecture refuse sa démission.
La démission du maire de Chessy, en Seine-et-Marne, marque un tournant symbolique dans le malaise grandissant entre les élus locaux et l’État. Contraint par la justice de célébrer le mariage d’un étranger faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), l’édile a choisi de quitter ses fonctions plutôt que d’exécuter une décision qu’il juge contraire au bon sens et à l’intérêt général.

Au cœur de cette affaire se trouve une contradiction que de nombreux maires dénoncent depuis des années : comment demander aux élus locaux d’appliquer strictement la loi quand l’État lui-même peine à faire respecter ses propres décisions d’éloignement ? L’OQTF, censée garantir l’autorité de l’État en matière migratoire, apparaît ici vidée de sa substance, réduite à un simple document administratif sans effet réel.

Pour la justice, la situation est claire : le droit au mariage est une liberté fondamentale, indépendamment du statut administratif. Faute de preuve de fraude, le maire n’avait légalement pas le droit de s’opposer à l’union. Mais pour l’élu, cette lecture strictement juridique ignore la réalité du terrain et place les maires dans une position intenable, entre obligation légale et responsabilité morale.

La réaction du maire de Chessy n’est pas un acte isolé mais un signal d’alarme. En refusant d’obtempérer et en démissionnant, il a voulu dénoncer ce qu’il considère comme une incohérence profonde du système : exiger des élus locaux qu’ils assument les conséquences politiques et symboliques de décisions que l’État central n’est pas capable de faire appliquer lui-même.

Cette affaire dépasse largement le cadre d’un mariage et d’une commune. Elle relance un débat national sur l’autorité de l’État, le rôle des maires en tant qu’officiers d’état civil et les limites d’un droit déconnecté de son application concrète. Tant que les OQTF resteront massivement inexécutées, ce type de conflit est voué à se répéter, nourrissant défiance, incompréhension et colère au sein des territoires.
J

Joy Olivina

Journaliste pour Minute Scoop

Tous les commentaires (0)

Connectez-vous pour laisser un commentaire

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter !

Articles associés

Voir tout →