Minute Scoop
Toutes Faits Divers Politique Sport Économie Technologie Culture Santé International Quiz
Économie

Brandt liquidé : la fin du dernier fabricant français de gros électroménager et plus de 700 emplois supprimés

12/12/2025 · Par Joy Olivina · 👁️ 111 vues
Brandt liquidé : la fin du dernier fabricant français de gros électroménager et plus de 700 emplois supprimés
Le couperet est tombé ce jeudi 11 décembre : le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Brandt, dernière grande entreprise française de fabrication de gros électroménager. Après des mois d’incertitudes, de pertes financières et de tentatives de sauvetage, la décision met un terme à plus d’un siècle d’histoire industrielle et laisse plus de 700 salariés dans l’incertitude.

Une issue brutale après l’échec des plans de reprise

Placée en redressement judiciaire au mois d’octobre, l’entreprise n’a pas réussi à convaincre les juges de la viabilité d’un quelconque projet de reprise. Parmi les dossiers étudiés figurait celui, très soutenu localement, d’une SCOP portée par les salariés, qui espéraient conserver une partie de l’activité et sauver plusieurs centaines d’emplois. Malgré l’engagement financier de collectivités territoriales et l’appui affiché de plusieurs responsables politiques, le tribunal a jugé le projet insuffisant pour garantir la continuité d’exploitation.

Un choc social dans le Centre-Val de Loire

Les établissements de Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans, et de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, seront particulièrement touchés. Ces sites, déjà fragilisés par la baisse de charge de production, constituaient des piliers de l’industrie locale. La disparition de l’entreprise y prend une dimension dramatique, avec des centaines de familles directement concernées. Les élus régionaux ont réagi en parlant d’une « terrible nouvelle », déplorant l’échec des tentatives de maintien de l’activité.

Un symbole de l’industrie française qui s’éteint

La liquidation de Brandt ne représente pas seulement la disparition d’une entreprise, mais également celle du dernier acteur national majeur du gros électroménager. Le groupe était, depuis des décennies, associé à des marques emblématiques présentes dans de nombreux foyers français. Sa chute marque un nouveau recul de la production française dans un secteur dominé par les acteurs étrangers, où les coûts de fabrication et les chaînes mondiales de distribution rendent la concurrence particulièrement rude.

Des difficultés structurelles aggravées par la concurrence mondiale

Le groupe subissait depuis plusieurs années une érosion de ses marges, conséquence directe d’un marché de plus en plus compétitif. L’arrivée massive de produits à bas coût et la montée en puissance de fabricants internationaux ont réduit les parts de marché de Brandt, déjà affaibli par des restructurations successives. Malgré des efforts pour moderniser les lignes de production et relancer l’innovation, l’entreprise n’est pas parvenue à inverser la tendance.

Un nouvel épisode de la désindustrialisation française

Pour de nombreux observateurs, la disparition de Brandt illustre la fragilité de l’industrie française face à la mondialisation. Elle s’inscrit dans une série de fermetures qui affectent l’ensemble du territoire et posent la question du maintien d’une capacité de production nationale dans des secteurs stratégiques. Le gouvernement, qui avait soutenu les discussions autour d’un éventuel repreneur, n’a pour l’heure pas annoncé de plan spécifique pour les salariés concernés.

Quel avenir pour les salariés et les sites industriels ?

L’État et les collectivités locales promettent une mobilisation rapide pour accompagner les plans sociaux à venir, mais les perspectives de reclassement restent incertaines dans des bassins d’emploi déjà fragilisés. Pour beaucoup d’employés, la liquidation de Brandt n’est pas seulement la fin d’un contrat : c’est la perte d’un métier, d’un savoir-faire et d’une identité collective construite au fil des décennies.


Un salarié de longue date, Laurent Brindeau (40 ans d’ancienneté), a déclaré à l’AFP :

« J’ai plus que de la colère, j’ai de la hargne, j’ai de la rage. »
Cette phrase illustre l’émotion et la frustration très vives parmi les employés face à la perte de leur emploi.
Boursorama

Un autre employé, David Mongrédien (26 ans de maison), a résumé le sentiment de nombreux collègues :

« C’est une grosse tristesse. On y a cru, on a voulu s’attacher à cet infime espoir. Mais maintenant, c’est le néant, c’est fini. »
Cette citation montre le désarroi des salariés après le rejet du projet de reprise et avant un licenciement prévu début 2026
J

Joy Olivina

Journaliste pour Minute Scoop

Tous les commentaires (0)

Connectez-vous pour laisser un commentaire

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter !

Articles associés

Voir tout →