Japon, trop de maisons vides : le gouvernement offre une maison à tous ceux qui le demandent, quelle que soit leur nationalité

Face à la perspective que des villes entières restent désertées par le déclin démographique, la ville d’Okutama joue une carte désespérée

 

PARIS – Il n’y a pas de meilleure opportunité pour ceux qui rêvent d’acheter une maison au Japon. Trop de maisons vides dans le pays : il y en avait 10 000 en 2013, selon le Forum politique japonais, et la situation devrait s’aggraver avec le déclin démographique. On s’attend à ce que d’ici 2040, près de 900 villes et villages n’existent plus. L’un d’entre eux est Okutama, à deux heures de train du centre de la capitale.


 

Comme nous reporté par la CNN, face à la perspective de disparaître la ville, face à la menace de disparaître dans le vide, a essayé une tactique désespérée : elle donnera ses maisons à ceux qui en feront la demande, de partout dans le monde, y compris aux Français. Cependant, comme l’indique le site officiel de la ville, certaines conditions sont à respecter, : les demandeurs doivent avoir moins de 40 ans, avoir un enfant de moins de 18 ans ou un parent de moins de 50 ans. Les candidats doivent également s’engager à s’installer en permanence dans la ville et à investir dans la rénovation des bâtiments.

 




Beaucoup de raisons sont à la base de l’abandon de ces maison. Des maisons vides sont en très mauvais état de conservation ou construites dans des zo

nes à risque de glissement de terrain : les données parlent de 3 000 maisons dans le pays, 400 vides, la moitié en mauvais état. D’autres maisons sont abandonnés à cause de la tendance à quitter la campagne pour s

‘installer en ville. Mais des nombreuses habitations subissent les superstitions japonaise. En effet, les nippons considèrent les maisons inhabitées infestées par les esprits des propriétaires décédés et refusent d’acheter des villas ou studios où il y a eu un meurtre ou un suicide. Tous ces éléments réunis ne feront qu’augmenter exponentiellement le « akiya », le nom sous lequel sont définies les maisons inhabitées.


 

Mais l’idée d’avoir une maison en Extrême-Orient, et sans rien payer, pourrait attirer les touristes et les fans du Japon : d’autant plus que la région d’Okutama est connue pour sa nature luxuriante et ses activités dans le vert qui offre.

 

L’idée fait partie d’un projet plus vaste appelé « akiya banks », où akiya est le terme japonais pour les maisons fantômes. Il s’agit de listes, généralement également publiées en ligne, de toutes les propriétés abandonnées que la municipalité met en vente. Elles peuvent être obtenues à des prix très bas ou même symboliques, comme dans le cas d’Okutama, avec un processus simplifié d’achat et de vente pour conclure rapidement la transaction.

 

Le problème des maisons vides devrait être grave, en particulier à la campagne. Selon l’Institut national de la population et de la sécurité sociale, la population japonaise devrait passer de 127 millions à environ 88 millions d’ici 2065, ce qui signifie qu’encore moins de personnes auront besoin de logements. Les jeunes quittent souvent les zones rurales pour travailler dans les villes, de sorte que les campagnes japonaises sont devenues obsédées par les maisons « fantômes ».